Nous avons cette semaine été particulièrement intéressé par la distribution au sein de la communauté Chrétienne de Cagnes sur Mer d’un texte de réflexion sur le sacrement de pénitence.
Il rejoint tout à fait notre démarche du Synode des Alpes Maritimes et des indications du Second Concile de Vatican dans les années 60.
Nous vous proposons donc ci après une relecture et un approfondissement de ce texte et par son enrichissement à la lumière des valeurs chrétiennes les plus fondamentales. Nous attendons bien sur vos commentaires et vos questions auxquelles nous ne manqueront pas de réponde, à la fin de chaque texte dans la rubrique « laisser vos commentaires ».
« Je rendrai grâce au Seigneur
en parlant de mes faiblesses et de mes fautes »
Psaume 31
PASSER DE LA CONFESSION
AU DIALOGIE PENITENTIEL
Quelques réflexions sur le sacrement de réconciliation
Initié par le Cardinal Martini
et enrichi de nos réflexions sur la démarche que nous poursuivons
Si la Vie, l’Amour, la Charité, la Sagesse et la parole de Vérité du Seigneur nous a déjà inspiré de nous mettre dans des situations baptismales vécues aujourd’hui dans l’Eglise, c'est-à-dire de demander la réconciliation avec notre Dieu de Vie, d’Amour, de Charité, de Sagesse et de Vérité et nos frères, peut être pouvons nous réfléchir à la façon dont cela peut être fait aujourd’hui en portant les fruits de Vie, d’Amour, de Charité, de Sagesse et de Vérité.
J’insiste sur l’ « aujourd’hui » car nous sommes tous conscients qu’il y a, actuellement dans l’Eglise, une crise de la pénitence. On dit que les confessionnaux sont vides, mais ils le sont des deux côtés, soit parce que les fidèles manquent de repères et de valeurs, soit parce que les prêtres n’en n’ont plus eux aussi. Fut un temps où le prêtre attendait des heures et des heures, ensuite, il pouvait ne pas se sentir coupable si les gens ne se confessaient pas. Maintenant, on en parle beaucoup, mais personne ne vient. Il y a donc un éloignement progressif, pas toujours à cause des fidèles : en fait, même des prêtres font souvent comprendre, plus ou moins explicitement, qu’il vaut mieux espacer les visites. Il n’y a plus de valeurs claires à partager.
Tout cela est peut être utile : c’est une crise salutaire car elle naît du refus d’un formalisme excessif dans la façon de recevoir et de donner le sacrement de pénitence qui, à la fin, dégoutait aussi bien le prêtre que le fidèle par manque de sens, bien que certains, héroïquement, gardent cette habitude de la confession fréquente. Nous sommes dans cette situation et l’Eglise est à la recherche de nouvelles voies pénitentielles. Il me semble que c’est une purification juste, un effort louable que d’abandonner une pratique purement formelle et de cherche le sens profond de nos valeurs chrétiennes de Foi, d’Amour, de Charité, de Sagesse et de Fidélité.
Evidemment, on risque de perdre aussi un point de vue essentiel de la pédagogie de l’Eglise, une dimension essentielle de notre vie de baptisés. Celle-ci est aussi une vie des fautes de la haine, de l’égoïsme, de l’orgueil, de la bêtise et du doute, qui, confiés à la miséricorde Divine, parcourent un chemin vers l’absolution définitive. Par conséquent, le mystère de la Vie, de l’Amour, de la Charité, de la Sagesse et de la Vérité est à l’œuvre en nous, et dire que nous n’en avons pas besoin serait nous mettre en dehors de la réalité. Certes, si l’effort de sortir du formalisme nous portait à abandonner la pratique pénitentielle de l’Eglise, ce serait un très grand mal : nous ne serions plus dans la vérité devant Dieu ni devant nos frères, par ce lien essentiel entre le pénitent et l’Eglise.
Je ne veux pas faire ici une étude pastorale, mais simplement faire une suggestion à ceux qui ont peut-être, à un moment donné, espacé de plus en plus leurs confessions sans réussir à bien en analyser le pourquoi et sont dans l’incapacité de reprendre une pratique désormais formelle, à cause de l’oubli de nos valeurs chrétiennes de Vie, d’Amour, de Charité, de Sagesse et de Vérité. Je voudrais proposer une suggestion uniquement parce qu’elle m’a été utile. Chacun offre ce qu’il a expérimenté de positif. Je me suis demandé, où le Seigneur m’a inspiré de me demander, lorsqu’une confession est courte et faite à la hâte me pesait, pourquoi ne pas essayer de la faire plus longue et plus profonde et calme. Cela a l’air d’un paradoxe, mais parfois les paradoxes aident à sortir de situations bloquées. Alors avec l’aide de quelqu’un d’autre, je suis passé de la confession à ce j’appellerais un dialogue pénitentiel fondé sur nos valeurs chrétiennes de Vie, d’Amour, de Charité, de Sagesse et de Vérité. Ce dialogue, d’ailleurs, ne fait que développer les indications données par la dernière révision du rite pénitentiel, publié par le Saint Siège et appliquée par les Conférences épiscopales, qui élargit grandement la possibilité d’y insérer prières et lectures de l’Ecriture Sainte et celle du Deuxième Concile du Vatican dans les années 60.
Il me semble qu’il s’agit avant tout d’un dialogue avec un frère qui représente l’Eglise donc un prêtre, en qui je vois un représentant direct de notre Dieu de Vie, d’Amour, de Charité, de Sagesse et de Vérité : un dialogue fait en priant ensemble, dans lequel je présente ce que je sens en moi, en ce moment : je me présente tel que je suis devant l’Eglise de notre Dieu de Vie, d’Amour, de Charité, de Sagesse et de Vérité.
A mon avis, ce dialogue comporte essentiellement deux parties : la première, que j’appelle « confessio laudis », c'est-à-dire confession d’après le sens primitif du terme. Là aussi, on peut partir d’un paradoxe : s’il est chaque fois si pénible et si difficile de dire mes péchés, pourquoi ne pas commencer par les bonnes actions de Foi, d’Amour, de Charité, de Sagesse et de Fidélité, fondements de notre vie chrétienne ?
Saint Ignace lui-même le suggérait dans les Exercices, prenant comme premier point l’cation de grâce (Ex. Sp. N°43) : Seigneur, je veux d’abord te remercier parce que la puissance de ta Vie, de ton Amour, de ta Charité, de ta Sagesse et de ta parole de Vérité m’a aidé, telle chose a eu lieu, j’ai pu me rapprocher de telle personne, je me sens plus serein, j’ai dépassé un moment difficile, j’ai pu mieux prier. Remercier Dieu de ce que je suis Vie, Amour, Charité, Sagesse et Vérité, grâce à son don, sous forme de dialogue, de prière de louange ; reconnaitre ce qui grâce à notre Dieu de Vie, d’Amour, de Charité, de Sagesse et de Vérité, me donne les joies éternelles de la Vie, de l’Amour, de la Charité, de la Sagesse et de la Vérité. Je suis content de telle ou telle chose passée ou présente. Il est important que ces choses émergent devant le seigneur : la reconnaissance de sa bonté pour nous, de la puissance, des miséricordes de la Vie, l’Amour, la Charité, la Sagesse et la Vérité en ce qu’il EST.
Cela fait, on peut passer à une « confessio vitae » que je définirais comme ceci : plus qu’une recherche et qu’une énumération de péchés formels, c'est-à-dire devant notre Dieu de Vie, d’Amour, de Charité, de Sagesse et de Vérité ce qui maintenant me met mal à l’aide, en haine, en égoïsme, en orgueil, en bêtise et en doute que je voudrais faire disparaître. Souvent, ce sont des attitudes, des façons d’être, plus que des péchés formels, qui ont pour cause les attitudes qui émergent de ces états d’âme et que nous analysons dans nos différents écrits : haine, égoïsme, orgueil, bêtise et doute, face aux 5 valeurs chrétiennes fondamentales que sont la Vie, l’Amour, la Charité, la Sagesse et la Vérité.
Ou bien, je dirai devant notre Dieu de Vie, d’Amour, de Charité, de Sagesse et de Vérité mon regret de ne pas pouvoir parler sincèrement avec telle personne, mon rapport n’est pas authentique avec tel groupe, je ne sais pas par où commencer. Je regrette de ne pas réussir à prier, je me sens mal à l’aise d’être pris par ma sensualité, par les désirs que je ne voudrais pas avoir, des fantasmes qui me troublent. Je ne m’accuse peut être d’aucun pêché en particulier, mais je me mets devant le Seigneur et lui demande qu’il me guérisse de la haine, de l’égoïsme, de l’orgueil, de la bêtise et du doute par la puissance de sa Vie, de son Amour, de sa Miséricorde, de sa Sagesse et de sa parole de Vérité.
Il ne s’agit vraiment pas de mettre sur la table trois ou quatre péchés, pour qu’ils soient annulés, mais d‘une immersion baptismale dans la puissance de l’Esprit de Vie, d’Amour, de Charité, de Sagesse et de Vérité : Seigneur, purifie ma Vie, mon Amour, ma Charité, ma Sagesse et ma Vérité, éclaire moi, illumine ma Vie, mon Amour, ma Charité, ma Sagesse et ma Vérité. Je ne demande pas seulement, dans cette confession, que soit annulé tel ou tel péché, mais que le cœur de ma Vie, de mon Amour, de ma Charité, de ma Sagesse et de ma Vérité soit changé, qu’il y ait en moi moins de lourdeur, moins de haine, moins d’égoïsme, moins d’orgueil, moins de bêtise et moins de doutes. Je ne sais peut être même pas par où commencer, mais je mets tout cela dans les mains de la puissance de Vie, d’Amour, de Charité, de Sagesse et de Vérité du Crucifié et du Ressuscité données à son Eglise.
De là nait une prière de Vie, d’Amour, de Charité, de Sagesse et de Vérité qui peut être faite avec le prêtre : on peut réciter un Psaume, une prière de la Bible, de remerciement ou de demande, ou même une prière spontanée à la Vie, à l’Amour, à la Charité, à la Sagesse et à la Vérité sur laquelle une absolution sacramentelle vient comme la manifestation de la puissance de la Vie, de l’Amour, de la Charité, de la Sagesse et de la Vérité de Dieu que je demande parce que je ne suis pas capable de m’améliorer tout seul. Je me remets une fois encore sous la Croix, sous cette puissance de Vie, d’Amour, de Charité, de Sagesse et de Vérité qui m’a baptisé pour qu’une fois encore elle me reprenne en main.
Voilà ce que j’entends par dialogue pénitentiel de Foi, d’Amour, de Charité, de Sagesse et de Fidélité ; ce n’est pas simplement un dialogue psychologique, ou une sorte de thérapie. Il n’est pas nécessaire que le confesseur me révèle les sources secrètes de mes fautes ; cela pourrait avoir lieu avec un spécialiste du cœur humain, mais même si le confesseur est une personne qui ne sait pas grand-chose au cœur humain, il peut toujours prier pour moi, sur moi et avec moi pour authentifier et fortifier ma Vie, mon Amour, ma Charité, ma Sagesse et ma Vérité en Christ.
Il s’agit de se soumettre à la puissance de Vie, d’Amour, de Charité, de Sagesse et de Vérité de l’Eglise du Christ et donc de retrouver les valeurs de Vie, d’Amour, de Charité, de Sagesse et de Vérité du sacrement : je vais me confesser non pour sentir des choses intéressantes, ou pour voir quel conseil on me donne, mais parce que c’est moi qui dois me soumettre à la puissance de la Vie, de l’Amour, de la Charité, de la Sagesse et de la Vérité de Dieu et cela me suffit, et me donne joie et paix de la Vie, de l’Amour, de la Charité, de la Sagesse et de la Vérité du Christ.
C’est donc avec de nombreuses variantes possibles, une suggestion que je souhaite vous donner. Il est clair que, de cette façon, la confession peut durer longtemps, mais on l’affronte plus volontiers car l’on voit ce qu’elle signifie dans son chemin de Vie, d’Amour, de Charité, de Sagesse et de Vérité vers notre Dieu de Vie, d’Amour, de Charité, de Sagesse et de Vérité.
A « chacun d’entre vous, le Seigneur aura probablement suggéré d’autres formes qui pourront aussi être communiquées utilement en tant qu’expériences, car elles pourront en aider d’autres » C’est l’occasion que nous saisissons aujourd’hui à travers cet important article du Cardinal MARTINI, Archevêque de Milan.
J.G.S.G.
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